Témoignage : la Generation Y en lutte

Les 15 -30 ans ont été glorifiés. Cette génération Y est apparue comme la plus audacieuse, innovante et prête à répondre aux challenges actuels. Or, la réalité est bien plus difficile. Malgré leurs atouts, ces actifs (ou futur actifs ) sont dans de beaux draps. Mélanie en est l’exemple même. 

Les propositions sont nombreuses. Contrats en intérim, stages à rallonges, ou un abonnement prolongé à Pole Emploi. Le futur de la génération Y n’est pas à l’image des succès de Zuckerberg ou Steve Jobs. Il parait bien austère.

Aujourd’hui, le mot « Diplôme  » ne suffit plus pour trouver un emploi. Il faut alors redoubler d’effort. Melanie, titulaire d’une licence en commerce, s’est confrontée à cette dure réalité. Alors qu’elle rêvait de devenir une grande commerciale à l’internationale avec ses 3500 euros par mois, son appartement et ses chaussures de luxe. Bref, un remake de Sex & the city … Elle se retrouve chez Gaz de France. Malgré les privilèges de la boite – tickets resto, congés payés…- elle rêve de trouver un boulot en lien avec ses études. C’est pas demander la lune, non plus. Du coup, « Lors de mes jours de repos, je passe des entretiens  » commente la jeune femme.

Girl VS Précarité

Mais la lutte contre cet état des lieux est difficile. Acharnée, Mélanie accepte toutes les offres . Et prend plus de temps à passer des entretiens qu’à faire des virées shopping entre copines. Par conséquent, elle est plus que rodée. Et pourrait même écrire un livre « Comment passer des entretiens pour les nuls ». Vraiment.

Face à des interlocuteurs toujours plus fous, elle a du répondre à des pseudos tests de personnalité. « Citez 3 animaux instantanément. Trois outils qui vous viennent directement à l’esprit. » Freud était peut être parmi les recruteurs. Sans complexe d’Oedipe, elle se prête aux exercices. Et  au jeu du  » Attrape moi si tu peux ». Ainsi, elle passe parfois 5 entretiens pour le même job. « Ben c’est la crise Mademoiselle. Il faut qu’on prenne la bonne personne » expliquent maladroitement les recruteurs. Pis, ils prétextaient « l’attente de l’élection présidentielle » pour embaucher. Mais alors, pourquoi faire passer des entretiens?

Un routine maussade

Dans sa routine de chercheuse d’emploi acharnée, elle continue à enfiler son tailleur de circonstance. Sans se démotiver. Une agence de fitness? « Pourquoi pas ! » Dans les assurances ? « Pareil ! » Mais elle n’en peut plus d’entendre qu’elle est sur-diplômée pour le job, Mélanie. Ou qu’elle n’est pas prise (après 4 mois d’attente avant la réponse) car elle ne joue pas au foot.

Comme si ce n’était pas assez difficile, la discrimination prend de l’ampleur. Alors Mélanie va devoir continuer à répondre aux appels des clients désabusés de Gaz de France, ceux qui ne peuvent pas payer leurs factures. Elle aura la tête ailleurs, vers de nouvelles prospections. Heureusement, la ténacité est une des caractéristiques de la génération Y.  Mais c’est tout de même un sale temps pour les descendants des baby boomers.

Martine

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