La famille politique de François

« François président ! » Alors que l’alternance a triomphé dimanche, François Hollande réfléchit d’ores et déjà à sa future famille politique. Une chose est sûre :  il y a trouvé sa « première dame ». Pour le reste, cela s’annonce très socialo-socialiste. 

WANTED compagnons de route fidèles

L’Elysée, c’est 11 179 m2, dont 300 d’appartements privés. Alors que le clan Sarkozy déménage du 55 rue du Faubourg Saint Honoré, François Hollande prépare ses valises. Et fait sa liste. Qui va occuper Matignon? Qui va l’entourer pendant 5 ans ? Un choix crucial. Et stratégique.

THE FIRST LADY, utile

Carla Bruni peut remballer sa guitare et ses litres de botox, c’est Valérie Trierweiler la patronne MAINTENANT. En couple depuis plusieurs années avec François Hollande, elle devient la première dame. Même s’ils ne se sont pas dit OUI de manière solennelle. Journaliste de formation, elle veut être un mix entre Carla Bruni-Sarkozy et Claude Pompidou. Toutefois, elle va devoir travailler sur son image pour effacer un air qualifié d’hautain pour celle que l’on surnomme « Duchesse ».De toute façon, Valérie préfère rester en retrait. » Il faut éviter le mélange des genres. Je resterai dans l’accompagnement. «  précise-t-elle. Eventuellement, elle bridera François niveau nourriture. Et fera comme ses aînées, du caritatif ! Pas sûr que cela convienne à ses envies de liberté et sa passion pour son métier.

LE fils.

LE FILS, médiatisé

Le mariage avec Ségolène Royal aura laissé un beau cadeau : Thomas Hollande. Ce hipster semble tout droit sorti d’une école de commerce. Et comme les fils Sarkozy, il fait déjà des vagues. Ce jeune avocat de 27 ans a ému la France entière en appelant son « papa » pour le féliciter de son élection. Touchant.

Thomas Hollande, nouvelle star de Twitter

Un FAVORI

Jean Marc Ayrault à Matignon ? Cela semble s’imposer. Ou du moins, c’est l’un des favoris.  Ses atouts ? Ce professeur d’allemand est à la tête du groupe socialiste à l’Assemblée nationale depuis quinze ans. Un sacré bagage. Sans compter qu’il a été un de ses premiers alliés lors de sa candidature à la primaire socialiste. Mais une tâche abîme le tableau : il cumule les mandats (maire de Nantes, député et président du groupe socialiste à l’Assemblée) alors que François s’oppose farouchement à cette accaparation des pouvoirs. A voir si François privilégie ce fidèle pour rester à gauche toute !

LA PREFEREE (ou plus médiatisée)

Elle pourrait suivre les pas de son père, Jacques Delors. Et le veut. En effet, Martine Aubry a annoncé qu’elle  ne briguerait pas un second mandat à la tête du parti socialiste. Le message est limpide : elle souhaite quitter Solferino pour Matignon. Pour cela, elle compte sur ses bonnes relations avec les verts et son traditionnel ancrage à gauche.  Son expérience passée ( Ministre de l’Emploi sous les gouvernements Cresson, Bérégovoy et Jospin) sera alors un argument de taille. Pour moderniser sa présidence, François Hollande devra compter sur la maire de Lille. Et pour cela, elle sera prête à sortir ses plus belles boucles d’oreilles.

La FRESH touch

Il est mignon, jeune et brillant. Manuel Valls pourrait être la touche glamour de Matignon. Et il n’y a pas à dire, le maire d’Evry colle davantage à l’image de « changement » annoncée par François.

Comme tous les « jeunes beaux », il est populaire dans les rangs du PS. Selon un sondage de Ipsos/Logica Business Consulting , 26% des Français souhaitent le voir siéger à Matignon (autant que pour Martine Aubry). Mais pour les purs gauchos, il reste trop ancré à droite. En effet, l’homme a promu la TVA sociale, une mesure prise sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Alors pourquoi pas le ministère de l’intérieur ?

Fabius et Moscovici devraient compléter la brochette. Et dans sa grande et belle famille, François Hollande choisira aussi des verts ( Eva Joly ou Cecile Duflot) et des anciens (comme Lionel Jospin). Et pourquoi pas rajeunir la politique , avec sa porte parole de campagne, Najat Vallaud Belkacem ? Dans tous les cas, la gauche prendra le 15 mai prochain possession des lieux.

Sandra Cazenave

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La Petite Phrase Politique de la semaine. Episode 5

Les « cass’toi pov’ con » ou « bravitude » mettent un peu de piment dans la vie politique française. Par temps de crise et de morosité, les bons mots et autres petites phrases amusent les foules. Jusqu’à ce que cela tourne carrément au dérapage… On se rappelle du « quand y en a un, ça va » de Brice Hortefeux ou autres « le bruit et l’odeur » de Jacques Chirac. En période électorale, les commentateurs ne laissent rien passer aux hommes politiques. Pour vous, Martine vous propose sa sélection des perles de la semaine. Entre fou-rire et crise de rage.

Bons baisers du FN

Le jeu, maintenant, c’est de prévoir ce qui va se passer dans 15 jours. Tous les Nostradamus de la politique vont y aller gaiement de leur petite métaphore ou phrase choc. La grande guerre psychologique de la PPP (petite phrase politique) vient de commencer.

Comme d’hab’, ce sont la gauche et la droite qui sont en lice. Mais… Les vassaux ont quand même profité du premier tour pour se retirer en beauté. Ou pas.
Eva Joly nous tire quasiment la larmiche. Un dernier mot sur facebook, c’est comme un café sans sucre. Franchement triste et sans saveurs. Seul commentaire de sa photo : « Je veux vous dire mille fois merci. »

Mille fois, ça fait peut-être beaucoup, non ?

Cachez ce nom que je ne saurais dire

Côté Front de Gauche, on a officiellement surnommé Jean-Luc Mélenchon « Celui-qui-ne-veut-pas-prononcer-le-nom ». Avec ses prétéritions, il appelle « à battre Sarkozy ». Il ellipse complètement le nom du candidat de gauche. Une fois, deux fois, trois… Puis tout le long de la soirée électorale. Pour peu, l’électeur pourrait croire que Bayrou est plus engagé.

Et du côté de ceux qui n’ont pas de mal à prononcer les noms de famille de trois syllabes, on retrouve – hélas – Louis Aliot. Le vice-président du FN était LE grand absent des plateaux tv hier soir. Mais, fidèle au poste, il renvoie ce matin les deux candidats dans les cordes avec un bon vieux « ni Sarkozy ni Hollande ». Combo de négations le plus éculé du monde. Toujours de rigueur pour les loosers. Évidemment Nicolas Dupont-Aignan fait de même. Mais ça n’intéresse personne.

La chèvre et le chou

Le jeu, maintenant, c’est de rameuter des votes. Sans s’attarder sur les propositions absolument inintéressantes et au fumet trop électoralistes, Michel Mercier reste réaliste.  La garde des Sceaux annonce que « Nicolas Sarkozy devra s’adresser autant aux électeurs centristes qu’à ceux du Front national ». A part se transformer en oxymore géante, on voit mal comment le Président candidat peut réaliser cet exploit. En tout cas, ce n’est surement pas en annonçant 3 débats ou en « repartant sur les routes » en mode cow-boy solitaire.

De là à ce que Louis Aliot – toujours hélas –  dise que l’UMP va « très certainement imploser », il n’y a qu’un pas. Que Martine Aubry ne franchit pas. Elle se contente d’un brin d’ironie et reprend à son compte le slogan de campagne de l’UMP. « Aujourd’hui, François Hollande est le candidat de la gauche forte », assure-t-elle sur RTL.

Le remerciement fort

Et les principaux intéressés, ils en disent quoi ? Ben pas grand chose. On sent déjà que leur attention est porté sur le 6 mai. Sur Twitter, leurs messages de remerciement ne font pas franchement rêver. Ça se passe de commentaires.

Et si on repartait sur les routes ?

Si vous l'aviez pas encore compris : LE CHANGEMENT, C'EST MAINTENANT (lccm)

De la salle de classe au stade

Les métaphores en politique sont toujours les mêmes. Au PS, on reste proche de la Mère supérieure : l’Education Nationale. Henri Emmanuelli, député PS des Landes se fend donc
d’un petit « Ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy a raté l’écrit que François Hollande doit lui offrir deux oraux de rattrapage » en référence à la proposition de trois débats du président sortant.

Réponse du berger à la bergère, Eric Besson, le loup dans la bergerie répond d’un  » Le match va être serré. Deuxième mi-temps très intéressante en perspective. C’est jouable pour NS ». Ca coûte pas plus cher et au moins, il y a pas de risques.

Bref, si les 15 jours qui arrivent sont à l’image d’hier soir… Ça risque d’être pas fou.

Pauline Amiel

François Hollande à Nice : « le petit Bourget »

Réunir 2500 militants PS à Nice ? C’est le pari réussi de François Hollande. C’était 37.2° l’après-midi, au meeting du candidat socialiste… Mais la température sulfureuse venait avant tout de son discours musclé ! Vos Martines ont pris leurs premiers coups de soleil pour VOUS informer.

Le premier rang est toujours occupé par le quatrième pouvoir. Les journalistes ne loupent pas une miette de son discours offensif envers "l'incohérence du quinquennat de Nicolas Sarkozy". / Photo S.C

Valérie Trierweiler a écouté les mots vindicatifs de son cher et tendre. En toute pudeur, elle est restée dans le public. / Photo S.C

Les jeunes étaient également présents pour "chauffer la salle", sous un soleil de plomb. / Photo S.C

François Hollande a snobé Jean-Luc Mélenchon malgré les attaques du candidat du Front de Gauche. / PA

Arnaud Montebourg a conquis la foule... Avant d'écouter l'ancien secrétaire du Parti Socialiste. / SC

"Fran-çois, président". Slogans simples mais efficaces. / PA

Plus de 2000 partisans du PACA ont acclamé leur candidat. / PA

La petite phrase politique de la semaine. Episode 3

Les « cass’toi pov’ con » ou « bravitude » mettent un peu de piment dans la vie politique française. Par temps de crise et de morosité, les bons mots et autres petites phrases amusent les foules. Jusqu’à ce que cela tourne carrément au dérapage… On se rappelle du « quand y en a un, ça va » de Brice Hortefeux ou autres « le bruit et l’odeur » de Jacques Chirac. En période électorale, les commentateurs ne laissent rien passer aux hommes politiques. Pour vous, Martine vous propose sa sélection des perles de la semaine. Entre fou-rire et crise de rage.

En direct de la journée internationale de lutte des femmes

La semaine a été chargée en PPP (petite phrase politique) ! Et si vous croyiez que votre Martine internationale allait vous laisser tranquille sur la journée tout aussi internationale de lutte des femmes, vous vous trompiez ! Et Na! Donc voici une petite sélection des mots doux des politiques envers les femmes.

Dans la catégorie « il fallait pas m’enlever mes anxiolytiques, je retombe en dépression », je nomme…. Jean-Vincent Placé. Le numéro deux d’Europe Ecologie-Les Verts (Eelv) annonce fièrement que, pour la campagne présidentielle d’une des seules femmes  candidates, Eva Joly, « Nous avons l’intention de faire au-delà de 2% ». Merci l’enthousiasme. Remarque, vous allez me dire, 2% de 43 millions d’électeurs, ça fait quand même 860 000.

En tout cas l’espoir et la confiance règne. Et on est à deux doigts de penser que Jean-Vincent Placé sous-entend que si ça avait été un homme, ça aurait été mieux.

Elle ne lâche rien.

La petite phrase d’acharné de la semaine, c’est celle d’une autre candidate : Nathalie Arthaud. Le fer de lance de Lutte Ouvriere a lancé un « Moi, je suis pour exproprier Bernard Arnault, je suis pour exproprier Bolloré. » Parce qu’elle est comme ça. Avec la réaffirmation de sa personnalité par la répétition du « je » et du « moi », Nathalie s’impose dans le débat. La construction en diptyque de sa sentence est bien claire. Son message, c’est « faut pas m’chercher ».

Après la femme forte, la femme dévalorisée par ses communicants, cette semaine on a vu briller l’homme qui assume son féminisme.

Et là, je pense qu’on peut décerner la palme d’or de la PPP de la semaine à François Hollande. Son « Je ne suis pas né féministe, je le suis devenu » va rester dans les annales (faut espérer). Franchement, j’ai failli avoir la larmichette d’émotion.

Parce que François, quand il dit ça, non seulement il reconnait les siècle de lutte pour le droit de vote, l’avortement et j’en passe mais en plus il rend hommage à Simone de Beauvoir et à J-P Sartre. Derrière sa déclaration, c’est le « On ne naît pas femme, on le devient » de S2B qui est présent et l’existentialisme de Jean-Paul. C’est beau.

Et les hommes au foyer, on en parle ?

Et pour finir cette petite sélection, il ne fallait pas oublier les hommes qui oublient les femmes. Et qui espèrent qu’elles seront toujours là pour les soutenir dans leur décadence. Je nomme… Nicolas Sarkozy. A l’aube du premier tour, il affirme quitter la politique s’il perd les élections.

A quoi Philippe Poutou, candidat du NPA, répond avec ironie : « Si je perds les élections, je reviens dans mon usine. » Dans tous les cas, on peut leur rétorquer ce slogan féministe entendu dans toute la France et la Navarre jeudi dernier : « qui va faire la vaisselle ? Moi je fais la ré-volution. »

Pauline Amiel

« Habillés pour la présidentielle » EPISODE 2

Les bottes de NKM ou les robes de Rachida captivent la planète mode. Les politiques sont devenus des êtres ultra-lookés pour fouler le podium de l’Elysée. La stratégie est claire : afficher un style de futur chef de l’état. Sans relâche, votre Martine a débusqué les faux pas, comme les reconversions vestimentaires. Alors IN ou OUT ?

FRANCOIS HOLLANDE : UN LEADER STYLE EST NE

François, le conquérant. François, la force tranquille. François, le bon vivant. Oups, l’ancien « bon vivant » est préférable. En quelques mois, François Hollande s’est imposé comme une véritable force du Parti Socialiste. Alors qui se cache derrière ses nouvelles lunettes ?

Comme Marine, François a cédé à la dictature de l’image. Autrefois bedonnant, il s’est transformé en « bombe politique ». Sa principale arme ? Sa confiance en soi. Aminci, il montre plus d’aisance quand il rencontre les électeurs et fait preuve d’un humour décapant. Lors des primaires socialistes, il plaisante sur le prix de la contribution citoyenne.« Un euro, c’est pas cher pour se débarrasser de Sarkozy ! ». Un vrai comique ce François ! Mais cette nouvelle carrure de présidentiable est avant tout liée à son changement de style initié en 2009. Ainsi, il réalise un come-back inespéré.

Avant / Après

Avant/ Après

L’ancien rondouillard a suivi la « Sarkozy touch »pour se transformer en cadre dynamique.
En plus de sa perte de poids, il a été rhabillé. Nouvelles lunettes intellectualisantes, costumes ajustés, cheveux colorés : François Hollande a rajeuni de 10 ans. Une manière pour lui de renaître et de casser son image du socialisme « mou ». Désormais, il ne répond plus aux noms de « Flamby » ou « Fraise des bois ».

UNIFORMISATION DES POLITIQUES

Brillant, hilarant, charismatique, il est dans tous les médias. Comble du glamour, il s’affiche aujourd’hui au côté de la très chic Valérie Trierweiler. Une attitude semblable à celles des autres politiques. François Hollande correspond au sérieux, à la rigueur et à l’honnêteté que l’on attend d’un candidat à la présidentielle. On en peut le nier, il est rentré dans le moule. Mais ou sont passé les signes distinctifs des gauchistes ? Aux oubliettes.

Sexy avec Valérie !

Néanmoins, François se distingue de ses compères en smoking. Même si ses pantalons à pince sont cintrés et ajustés, le socialiste fait appel aux services d’un tailleur venu d’Anatolie installé à Ménilmontant. «Depuis, chaque fois qu’il achète un costume, il le fait retoucher par son tailleur turc, qui a abandonné les hauteurs du vieux Paris pour le XVIIème arrondissement.» explique Serge Rafy dans son livre «François Hollande. Itinéraire secret».

Le nouveau François se veut roi. Comme lui, sa stratégie s’est affinée. Un changement qui lui vaut aujourd’hui d’être le candidat du parti socialiste pour les élections présidentielles. Sa popularité n’est plus à prouver. Il comptabilise 31% des intentions de vote au premier tour, selon le baromètre TNS SOFRES le 30 novembre dernier, un résultat plus qu’honorable. Un relooking IN qui risque de donner des idées à Ségo et Martine…

Sandra Cazenave

François, on y croit

R2D2 soutient François Hollande

La campagne présidentielle ne bat pas encore son plein que les internautes regorgent déjà d’imagination pour faire entendre leur voix. Le site « Déconne pas, François » est un petit bijoux d’originalité.

Tous les espoirs des internautes reposent sur François

« Cher François ». Ce n’est pas le début d’une lettre d’amour mais celui d’un avertissement. Celui des Hollandistes à leur candidat. Des proches du PS à leur parti. Des déçus du sarkozisme à un président potentiel.
Le message est simple :  « François, fais pas le con ». En version sous-titrée, sur fond de hard-teck, en mode Carmina Burana… Tout est bon pour exprimer cette injonction à l’ancien premier secrétaire du parti socialiste.

Pour voir une vidéo: http://www.dailymotion.com/embed/video/xlxylf
Déconne pas, François. par SekhmetlaRouge
Un avertissement encourageant

Le site, créé depuis deux mois, est simplissime. Comment faire ? Cliquez, créez la vidéo en direct, c’est prêt . Les films durent en moyenne 20 secondes. « L’époque a changé, François. Les citoyens demandent des comptes. C’est une opportunité. J’ai un message pour toi, vois-le comme un encouragement ou un avertissement mais vraiment, pour toutes celles et ceux qui s’apprêtent à te donner leur voix… Déconne pas, François. » Ca a le mérite d’être clair. Et de passer un moment drôle.

Une lourde pression pèse sur les épaules du candidat socialiste. Les internautes, désespérés, vont même jusqu’aux menaces. Et la prise d’otage de chat. Ordoeuvre, notre préféré, mixe son message, Verdoux imagine des paroles de films…Bref tout pour rejeter Nicolas Sarkozy.

Pauline Amiel