Clips de campagne : à boire et à manger

Entre « c’est la lutteeeuh finaleeuuuh » et « We need you » version frenchie, les communicants se sont violemment décarcassés pour trouver des spots de campagne qui font rêver ! En 1 minute 30, les candidats plongent dans une ambiance manif’, baguette-béret-journal, ou usine, selon les goûts.

Dans la famille des présidents, je choisis le papi. Nicolas Sarkozy (c’est celui qui a la plus grande expérience de président, non?) est droit. Face caméra, costume impec’, il ne sourit pas. Avec la façon solennelle que seul lui connaît, il se lance. « Je crois en la France, en son talent ».

Bleu, blanc, rouge, la base, quoi.

Petit jeu de sourcils pour donner de la gravité, musique grandiloquente digne des plus grandes séries américaines… On y est. A deux doigts de sortir le pop-corn. Après un bon vieux « travail, effort, mérite », il le dit. La phrase qu’on attendait tous : « J’ai besoin de vous ». Parfait. Ca a un léger goût de réchauffé mais bon…

Le NPA, c’est le collectif. Clairement. Philippe Poutou veut « parler au peuple ». Seul dans la rue, genre Monsieur Tout-le-monde, il sourit, serre trois quatre mains. Et attaque sec : «il faut dégager la droite sans faire confiance au PS. » Ensuite, contre-attaque. Combo crise et international en évoquant les « crises grecque et espagnole ». Là, on est au cœur du sujet. Sur fond de manif’, de poing levé et de techno, Phiphi envisage une « autre répartition des richesses ». Puis le KO final : « votez anticapitaliste ». Ca a le mérite d’être clair.

Dans la famille politique, Nathalie Arthaud serait la maman. (Education nationale forever). Elle ar-ti-cu-le tel-le-ment bi-en qu’on dirait qu’elle est sous-titrée. Direct, dès le début de son clip, elle fait référence à Arlette Laguilier, au cas où les spectateurs auraient pas reconnu la candidate 2012 de Lutte Ouvrière.

Nathalie est pas contente...

On sent vraiment la prof en elle. En 1 minute 30, elle réussit à nous replonger en enfance. Dans un monde où il y a seulement des gentils et des méchants. Léger froncement de sourcils comme si la belle-mère de Cendrillon venait d’entrer dans la pièce en parlant des « exploités, ouvriers, salariés, personnels des hopitaux, enseignants, chercheurs, petits paysans, commerçants, artisans. » Et puis les autres ? C’est les méchants ? Honnêtement à un moment, on est obligé de décrocher… Parce que non, on a plus 4 ans.

Au PS, ça déconne pas. Ça, c’est du clip de campagne ! Y a un moment, quand on remonte l’arbre généalogique de son engagement politique jusqu’à la révolution française, c’est du sérieux. L’abolition des privilèges, le droit à l’égalité pour tous, la CMU…Le tout mixé sur fond d’enchaînement d’images à la Big Brother, voilà le PS 2.0. François Hollande n’apparaît qu’à la fin du clip pour encourager « la france du travail du mérite, de l’effort » – tiens, ça m’dit quelque chose…- et remettre « l’argent à sa place ».

Qui peut rester sceptique face à des phrases comme « le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous » ? Bref, « le changement, c’est maintenant ».

Marine Le Pen, c’est seule contre tous. Contre les partis, contre les syndicats, contre l’Europe de Bruxelles et de Schengen. Mais encore ? Seule, face à la caméra et sur fond bleu, la candidate du FN est finalement la seule à enchaîner les propositions. Bon ok, si son programme c’est « réinstaurer le service militaire obligatoire pour les filles et les garçons » et « construire un deuxième porte-avion », on a pas fini. Mais au moins elle joue le jeu…Et utilise des mots de plus de trois syllabes!

Côté Modem, c’est l’emploi et le « consommer français » qui est à l’ordre. François Bayrou ne manque pas non plus de propositions. Economies contre le surendettement, « retrouver l’éducation nationale ». Le candidat applique la pédagogie de la preuve par l’exemple. Une proposition = une scène de rencontre avec les Français. Bluffant.

Eva Joly s’adresse à la France. Si, si, littéralement. « Chère France, je m’adresse à toi, toi qui m’a tout donné et que j’ai choisi. » Pourquoi pas. Mais, les lunettes vertes, c’était obligé ? Et les mots en gras, en vert, c’était obligé ? « Anticiper ». Ok, on a compris. La lutte contre le bétonnage, pour la biodiversité. Le nucléaire est un danger…Vous connaissez la suite.

Du côté de Nicolas Dupont-Aignan, c’est du classique. Toujours bleu-blanc-rouge. Toujours « les partis de droite comme de gauche on abandonné le pouvoir ». Circulez, y a rien à voir.

Jacques Cheminade, c’est le gars qui savait. Si, si, en 1995, il savait déjà. La crise, et tout. Et images à l’appui, s’il vous plait. Carrément Cassandre sur les bords, il prévoit même que personne le croirait… A la réflexion, même s’il annonçait aujourd’hui un cataclysme en 2029, ben il y a pas grand monde qui le croirait non plus.

Livre rouge, pancarte rouge, cravate rouge et fond rouge. Le ton est donné. Jean-Luc Mélenchon est là. « Partageons les richesses », « revalorisons le SMIC à 1700 euros »… Pas un seul « je », toujours la première personne du pluriel. Le Front de Gauche tourne définitivement son clip vers les 8 millions de pauvres.

Pauline Amiel

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