Nicolas Sarkozy à Toulouse : frontières, frontières, frontières

A Toulouse, Nicolas Sarkozy a mis les « frontières » et la « Nation » au cœur de son discours. « L’Europe qui protège » et l’identité nationale sont de retour sur le devant de la scène politique. Une France forte, c’est une France bien gardée ? Une idée qui, selon l’applaudimètre, convainc les militants UMP. Votre Martine a, une fois de plus, donné du sien pour vous faire vivre, en images, le meeting du candidat sortant.

Tout en mettant les thèmes chers aux électeurs du FN au centre de son discours, Nicolas Sarkozy a rappelé que " le 1er mai n'appartient à personne". Traditionnellement, cette date est associée à l'hommage à Jeanne d'Arc du FN. / PA

Plusieurs milliers de personnes, entre 7000 et 12 000, ont suivi le discours de Nicolas Sarkozy. Les militants UMP ont acclamé lSa vision de la "France Forte". / PA

Lier "impôts et nationalité", "remettre les frontières au cœur de la politique", voilà les objectifs de Nicolas Sarkozy. Et il prévient : « Si l'Europe ne le fait pas, la France le fera pour elle-même. Unilatéralement. » / PA

Bleu, blanc, rouge, c'était le thème du meeting de dimanche dans la Ville rose. / PA

Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Boutin, Michèle Alliot-Marie et Carla Bruni ont écouté le discours du candidat UMP. Jean-Marie Bockel et Claude Allègre ont réaffirmé leur engagement pour Nicolas Sarkozy. / PA

Pauline Amiel

Episode 19. Ruptures, votre série spéciale Martine

Qui n’a jamais passé deux heures au téléphone à réconforter une amie ? Qui n’a jamais préparé des litres de chocolat chaud et entassé des mouchoirs sales dans la poubelle ? Qui n’a jamais dit « les hommes, taçon, c’est tous des salauds » ? Rassurez-vous, je n’ai pas été douloureusement larguée : on ne largue JAMAIS une Martine. Mais franchement, j’ai quelques petites histoires de rupture plutôt savoureuses. C’est l’heure de vider son sac. Alors, pour venger toutes nos copines abandonnées, Top 20 des meilleures ruptures.

A l’espagnole

Celle-là, elle est pour les jeunes cool fun. Ceux qui sont partis en Erasmus parce que  issus de la génération L’Auberge Espagnole. Ceux pour qui Daft Punk rappelle leur première cuite et pas nécessairement Tron (Legacy).

Loin de moi l’idée de faire la morale. Juste rappeler qu’en termes de vengeance, il y en a qui sont plutôt calées. Bref, une rupture « old school ».

Notre douce et tendre Séverine part donc six mois en erasmus en Espagne. A Madrid. Je vous passe les détails. C’est la « night » tous les soirs, elle kiffe les « chicos » et la « cerveza ». Tellement qu’elle en oublierait presque Julien, le bon Français-qui-fait-du-rugby, qu’elle a laissé à la « casa ». Jusque là, rien de dramatique. Entre deux cours et deux bourres, elle vit finalement ce pour quoi elle était venue.
Comme dans le film de Kaplisch, Julien débarque un jour à Madrid pour rendre visite à sa chérie et découvrir la capitale espagnole. Évidemment, il découvre surtout Séverine dans les bras de Juan, Pablo ou Carlito, personne ne sait. On s’engueule, on pleure, on crie, on jure que plus jamais on recommencera et que c’était une erreur. Très étrangement, Julien accepte les excuses et repart dans l’Hexagone sans plus d’histoire.

Rupture ta mère

Autant vous dire que côté ibérique des Pyrénées, Séverine a bien, BIEN retenu la leçon. Elle est saaaage comme une image. Quinze jours après l’épisode Pablo, elle prend le premier avion vueling disponible, bourre son sac de cadeaux pour Julien et part fêter son anniversaire.
Pour les 25 ans de sa chérie, il a organisé une soirée surprise. Le thème ? Tapas et chiquitas. Hum, déjà, ça sent le traquenard.
Elle arrive à sa propre soirée d’anniversaire, trouve son Julien complètement rôti qui galoche une Paola. Elle va le voir, légèrement surprise et énervée. Il répond tout naturellement : « Ben quoi ? C’est pas comme ça qu’on fait en Espagne ? »

Martine

Recherche électeurs FN désespérément

« Nicolas Sarkozy , il est… Exceptionnel« . C’est la parole d’un jeune UMP. Quoi de plus séducteur que des jeunes qui vantent les mérites du président sortant ? Mais il risque d’en falloir plus pour attirer l’électorat tant convoité du Front National. Après un score record de plus de 18 % des voix au premier tour, Marine Le Pen a les cartes en main. L’opération séduction est lancée.

« Si Marine Le Pen a le droit de se présenter c’est qu’elle est compatible avec la République« . C’est la phrase de Nicolas Sarkozy qui a fait scandale ce mercredi. Rapidement, les médias ont réagi. Ils accusent alors le candidat UMP de draguer l’électorat du FN. Certains vont même plus loin. C’est le cas du journal l’Humanité.

La Une polémique de l'Humanité.

Comparer les propos de Nicolas Sarkozy à ceux du maréchal Pétain, c’est la Une osée du journal L’Humanité. Face à cela, François Baroin dénonce « un terrorisme intellectuel« . En cause, l’appel de NS à célébrer la  » fête du vrai travail » le premier mai. Et que ces feignants de fonctionnaires et de syndicalistes subissent le déshonneur !  Rapidement, le président sortant s’est rattrapé et a nié en bloc.

Libération a fait plus simple. Un grand portrait en noir et blanc de Nicolas Sarkozy, avec cette citation « Le Pen est compatible avec la République » a fait la Une du quotidien. Du « fascisme rouge » selon Bernard Debré, député UMP.

Le thèmes de campagne ? Instaurés par le FN

Marine Le Pen doit s’en laver les mains. Ces sujets de prédilection -l’islam et l’immigration- sont maintenant au coeur des débats. Les discours sont parsemés d’allusions à ce « fléau » dont on-ne-prononce-pas-le-nom, l’islam. « Toutes ces horreurs, l’excision, nous n’en voulons pas sur le territoire de la République ». Et dire qu’on pensait que c’était le chômage et la précarité les véritables problèmes.

L'express.fr revisite la célèbre publicité en stratégie politique.

En bon challenger, Nicolas Sarkozy n’en oublie pas d’être incisif envers son concurrent. Alors qu’il évoque les  « femmes enfermées dans des prisons de tissus« , il pointe du doigt la non participation de François Hollande à la loi interdisant le port de la burqa dans les espaces publics.

Le compte twitter @humour de droite explique la stratégie de l'UMP aux enfants.

Tête baissée, François Hollande tombe dans le traquenard de l’UMP. Et pour s’opposer idéologiquement à son adversaire, ressort un sujet primordial en période de crise : le vote des étrangers. Mais uniquement « pour les élections municipales  » et « pas avant 2013 ».

La jeunesse comme targuet ? Même pas

19 % des 18-24 ans ont voté pour Marine Le Pen dimanche dernier. Un chiffre coup de poing qui devrait orienter l’opération séduction des candidats. « Le vote du FN est un vote de crise » selon Nicolas Sarkozy. Crise de l’emploi ? Un tollé contre la précarité ? Bref, ce serait l’expression de la galère des jeunes dans la société actuelle. Comment faire pour bercer la jeunesse de douces illusions ? Rien, des broutilles. Les candidats préfèrent sortir leur flambant costumes trois pièces et ratisser plus large.

Leur solution ? Investir les terres où Marine le Pen a fait ses meilleurs scores. Le président sortant a choisi d’aller à Cernay hier (Alsace), bastion du FN où Marine est arrivée en tête des suffrages. Plus que cela, il a changé son image ne portant un verre de vin à ses lèvres (chose exceptionnelle)  lors de son déplacement à Vouvray, en Indre-et-Loire. De son côté, François Hollande s’est déplacé dans l’Aisne mardi ( 26 % de voix en faveur du FN au premier tour).

L'arme surprise ROSE.

Egalement intéressé par « le cri de colère des électeurs », ce dernier souhaite délivrer un message de confiance. Pour cela, il sort l’artillerie lourde en la personne de Ségolène Royal. En multipliant les apparitions médiatiques, elle souhaite murmurer à l’oreille des non-adhérents aux idées d’extrême droite. Et charmer les déçus du sarkozysme. Une fraction de l’électorat de Marine Le Pen « vient de la gauche et devrait se retrouver du côté du progrès, de l’égalité, du changement, de l’effort partagé, de la justice, parce qu’elle est contre les privilèges, contre la mondialisation financière, contre une Europe défaillante » selon F.Hollande. Ca tombe bien, non ?

Avec plus de 18 % de vote au premier tour, Marine Le Pen est devenue le « troisième homme ». Ainsi, elle change le tournant de la campagne de l’entre deux tours. Et les candidats n’ont pas tardé à succomber au piège de la séduction.

Sandra Cazenave

La Petite Phrase Politique de la semaine. Episode 5

Les « cass’toi pov’ con » ou « bravitude » mettent un peu de piment dans la vie politique française. Par temps de crise et de morosité, les bons mots et autres petites phrases amusent les foules. Jusqu’à ce que cela tourne carrément au dérapage… On se rappelle du « quand y en a un, ça va » de Brice Hortefeux ou autres « le bruit et l’odeur » de Jacques Chirac. En période électorale, les commentateurs ne laissent rien passer aux hommes politiques. Pour vous, Martine vous propose sa sélection des perles de la semaine. Entre fou-rire et crise de rage.

Bons baisers du FN

Le jeu, maintenant, c’est de prévoir ce qui va se passer dans 15 jours. Tous les Nostradamus de la politique vont y aller gaiement de leur petite métaphore ou phrase choc. La grande guerre psychologique de la PPP (petite phrase politique) vient de commencer.

Comme d’hab’, ce sont la gauche et la droite qui sont en lice. Mais… Les vassaux ont quand même profité du premier tour pour se retirer en beauté. Ou pas.
Eva Joly nous tire quasiment la larmiche. Un dernier mot sur facebook, c’est comme un café sans sucre. Franchement triste et sans saveurs. Seul commentaire de sa photo : « Je veux vous dire mille fois merci. »

Mille fois, ça fait peut-être beaucoup, non ?

Cachez ce nom que je ne saurais dire

Côté Front de Gauche, on a officiellement surnommé Jean-Luc Mélenchon « Celui-qui-ne-veut-pas-prononcer-le-nom ». Avec ses prétéritions, il appelle « à battre Sarkozy ». Il ellipse complètement le nom du candidat de gauche. Une fois, deux fois, trois… Puis tout le long de la soirée électorale. Pour peu, l’électeur pourrait croire que Bayrou est plus engagé.

Et du côté de ceux qui n’ont pas de mal à prononcer les noms de famille de trois syllabes, on retrouve – hélas – Louis Aliot. Le vice-président du FN était LE grand absent des plateaux tv hier soir. Mais, fidèle au poste, il renvoie ce matin les deux candidats dans les cordes avec un bon vieux « ni Sarkozy ni Hollande ». Combo de négations le plus éculé du monde. Toujours de rigueur pour les loosers. Évidemment Nicolas Dupont-Aignan fait de même. Mais ça n’intéresse personne.

La chèvre et le chou

Le jeu, maintenant, c’est de rameuter des votes. Sans s’attarder sur les propositions absolument inintéressantes et au fumet trop électoralistes, Michel Mercier reste réaliste.  La garde des Sceaux annonce que « Nicolas Sarkozy devra s’adresser autant aux électeurs centristes qu’à ceux du Front national ». A part se transformer en oxymore géante, on voit mal comment le Président candidat peut réaliser cet exploit. En tout cas, ce n’est surement pas en annonçant 3 débats ou en « repartant sur les routes » en mode cow-boy solitaire.

De là à ce que Louis Aliot – toujours hélas –  dise que l’UMP va « très certainement imploser », il n’y a qu’un pas. Que Martine Aubry ne franchit pas. Elle se contente d’un brin d’ironie et reprend à son compte le slogan de campagne de l’UMP. « Aujourd’hui, François Hollande est le candidat de la gauche forte », assure-t-elle sur RTL.

Le remerciement fort

Et les principaux intéressés, ils en disent quoi ? Ben pas grand chose. On sent déjà que leur attention est porté sur le 6 mai. Sur Twitter, leurs messages de remerciement ne font pas franchement rêver. Ça se passe de commentaires.

Et si on repartait sur les routes ?

Si vous l'aviez pas encore compris : LE CHANGEMENT, C'EST MAINTENANT (lccm)

De la salle de classe au stade

Les métaphores en politique sont toujours les mêmes. Au PS, on reste proche de la Mère supérieure : l’Education Nationale. Henri Emmanuelli, député PS des Landes se fend donc
d’un petit « Ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy a raté l’écrit que François Hollande doit lui offrir deux oraux de rattrapage » en référence à la proposition de trois débats du président sortant.

Réponse du berger à la bergère, Eric Besson, le loup dans la bergerie répond d’un  » Le match va être serré. Deuxième mi-temps très intéressante en perspective. C’est jouable pour NS ». Ca coûte pas plus cher et au moins, il y a pas de risques.

Bref, si les 15 jours qui arrivent sont à l’image d’hier soir… Ça risque d’être pas fou.

Pauline Amiel

Guillaume, militant à temps partiel

A cinq jours de la présidentielle, les militants des petits partis s’activent. Et investissent le terrain. A Nice, Guillaume* ne lésine pas ses efforts pour le NPA. Bref, il troque sa casquette d’étudiant pour celle de militant.

Malgré l'indifférence des passants, Guillaume continue de tracter. PHOTO F.I

« Il faut être sur le terrain pour rester connecté ». Guillaume est doctorant à la faculté St Jean d’Angely à Nice. Entre l’observation des « cailloux » préhistoriques et le militantisme en faveur du NPA, il est sur tous les fronts. A quelques jours du premier tour de la présidentielle, l’étudiant de 26 ans privilégie le militantisme à sa thèse. « Je n’aime pas forcément ça, mais je pense que c’est utile », assure-t-il.

Le NPA, une manière de penser

Dans sa ligne de mire, le système capitalisme et les discours démagogiques des politiques. « Au NPA, on est réaliste. On sait qu’il faut du temps pour changer les choses », reconnaît-il. Il est le premier à donner de sa personne tôt le matin,pendant la pause déjeuner et le soir. « Je ne suis pas employé par le parti. Mais j’essaie d’être sur le terrain de manière régulière », ajoute Guillaume. Loin des partis majoritaires, le NPA n’emploie pas des sociétés pour inonder la ville d’affiches ou de militants professionnels. La bureaucratie, ce n’est pas leur truc.

Etude & tract : son dada

Entre deux révisions, Guillaume part alors tracter devant les gares ou les centres commerciaux de la capitale azuréenne. Et le week-end, il n’hésite pas à rejoindre d’autres membres du comité NPA de Nice pour faire de l’affichage. Armé de colle et de pinceaux, il recouvre sans vergogne les portraits de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy. « Mais pas ceux contre le gaz de schiste ! » insiste le jeune militant.

Faire passer le message

Selon guillaume, l’élection présidentielle n’est pas une finalité en soi. « C’est un moment propice car les gens sont plus réceptifs et intéressés », avoue-t-il. Ses lunettes sur le nez et sa queue de cheval tirée, il incite « les gens s’organisent pour prendre la politique en main ». Mais pas question pour lui d’en faire une carrière. « Je croise les doigts pour ne pas avoir à me présenter aux prochaines législatives. »

Fiona Ipert & Sandra Cazenave

*Le prénom a été changé à la demande du militant.

Ruptures. Episode 18 de votre série spéciale Martine

Qui n’a jamais passé deux heures au téléphone à réconforter une amie ? Qui n’a jamais préparé des litres de chocolat chaud et entassé des mouchoirs sales dans la poubelle ? Qui n’a jamais dit « les hommes, taçon, c’est tous des salauds » ? Rassurez-vous, je n’ai pas été douloureusement larguée : on ne largue JAMAIS une Martine. Mais franchement, j’ai quelques petites histoires de rupture plutôt savoureuses. C’est l’heure de vider son sac. Alors, pour venger toutes nos copines abandonnées, Top 20 des meilleures ruptures.

Mon meilleur ennemi

Facebook a envahi nos vies. Et particulièrement nos vies de couple. Très honnêtement, avouez… Que celui qui n’a jamais tchecké le profil de son/sa petit(e) ami(e) me jette la première pierre. Photos, tags, messages, « like » sont méticuleusement examinés. Et parfois, ça dérape.

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Charlène. Elle était en couple avec Julien depuis quelques temps. Le genre de « quelques temps » entre « je relis 20 fois le sms que je lui envoie » et le « on emménage ensemble ».

Tout se passait plutôt pas mal dans l’ensemble, un couple sympa, amoureux et normalement fidèle. Le problème, c’est bien le normalement. Déjà, après avoir dépassé depuis plusieurs semaines le dilemme de « est-ce qu’on se met en ami sur facebook ? », elle avait remarqué que Julien n’avait pas changé son statut marital. Ni de « en couple avec » ni de « célibataire ». Rien. Juste rien.

Merci l’identification

Bon, soyons honnête, ça la turlupinait depuis un moment. Donc, pour la millième fois depuis le début de leur relation, elle va tchecker son profil. Et là, qu’est-ce qu’elle voit ? « Julien apparaît dans l’album de Marion X ». Et puis, il fait pas seulement une apparition. Première photo, première galoche. Deuxième photo, deux meufs sous les bras, l’air coooooomplètement bourré… Et ça continue tout l’album comme ça. Si bien que, quand elle en vient à bout, elle ne le reconnait même plus tellement il a de rouge à lèvres sur le visage.

Bref, quelques heures plus tard, elle le retrouve comme prévu. Lui fait part de sa découverte. Et là… Il s’énerve, le mec. Il lui dit qu’elle abuse, que c’est sa vie privée, qu’elle a pas à l’espionner… Et rompt ! Autant vous dire que la Charlène, ben elle en est restée béate. Il ne lui a même pas laissé la chance de le larguer… Dans tous les cas, il n’aura pas à changer son profil facebook.

Martine

Clips de campagne : à boire et à manger

Entre « c’est la lutteeeuh finaleeuuuh » et « We need you » version frenchie, les communicants se sont violemment décarcassés pour trouver des spots de campagne qui font rêver ! En 1 minute 30, les candidats plongent dans une ambiance manif’, baguette-béret-journal, ou usine, selon les goûts.

Dans la famille des présidents, je choisis le papi. Nicolas Sarkozy (c’est celui qui a la plus grande expérience de président, non?) est droit. Face caméra, costume impec’, il ne sourit pas. Avec la façon solennelle que seul lui connaît, il se lance. « Je crois en la France, en son talent ».

Bleu, blanc, rouge, la base, quoi.

Petit jeu de sourcils pour donner de la gravité, musique grandiloquente digne des plus grandes séries américaines… On y est. A deux doigts de sortir le pop-corn. Après un bon vieux « travail, effort, mérite », il le dit. La phrase qu’on attendait tous : « J’ai besoin de vous ». Parfait. Ca a un léger goût de réchauffé mais bon…

Le NPA, c’est le collectif. Clairement. Philippe Poutou veut « parler au peuple ». Seul dans la rue, genre Monsieur Tout-le-monde, il sourit, serre trois quatre mains. Et attaque sec : «il faut dégager la droite sans faire confiance au PS. » Ensuite, contre-attaque. Combo crise et international en évoquant les « crises grecque et espagnole ». Là, on est au cœur du sujet. Sur fond de manif’, de poing levé et de techno, Phiphi envisage une « autre répartition des richesses ». Puis le KO final : « votez anticapitaliste ». Ca a le mérite d’être clair.

Dans la famille politique, Nathalie Arthaud serait la maman. (Education nationale forever). Elle ar-ti-cu-le tel-le-ment bi-en qu’on dirait qu’elle est sous-titrée. Direct, dès le début de son clip, elle fait référence à Arlette Laguilier, au cas où les spectateurs auraient pas reconnu la candidate 2012 de Lutte Ouvrière.

Nathalie est pas contente...

On sent vraiment la prof en elle. En 1 minute 30, elle réussit à nous replonger en enfance. Dans un monde où il y a seulement des gentils et des méchants. Léger froncement de sourcils comme si la belle-mère de Cendrillon venait d’entrer dans la pièce en parlant des « exploités, ouvriers, salariés, personnels des hopitaux, enseignants, chercheurs, petits paysans, commerçants, artisans. » Et puis les autres ? C’est les méchants ? Honnêtement à un moment, on est obligé de décrocher… Parce que non, on a plus 4 ans.

Au PS, ça déconne pas. Ça, c’est du clip de campagne ! Y a un moment, quand on remonte l’arbre généalogique de son engagement politique jusqu’à la révolution française, c’est du sérieux. L’abolition des privilèges, le droit à l’égalité pour tous, la CMU…Le tout mixé sur fond d’enchaînement d’images à la Big Brother, voilà le PS 2.0. François Hollande n’apparaît qu’à la fin du clip pour encourager « la france du travail du mérite, de l’effort » – tiens, ça m’dit quelque chose…- et remettre « l’argent à sa place ».

Qui peut rester sceptique face à des phrases comme « le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous » ? Bref, « le changement, c’est maintenant ».

Marine Le Pen, c’est seule contre tous. Contre les partis, contre les syndicats, contre l’Europe de Bruxelles et de Schengen. Mais encore ? Seule, face à la caméra et sur fond bleu, la candidate du FN est finalement la seule à enchaîner les propositions. Bon ok, si son programme c’est « réinstaurer le service militaire obligatoire pour les filles et les garçons » et « construire un deuxième porte-avion », on a pas fini. Mais au moins elle joue le jeu…Et utilise des mots de plus de trois syllabes!

Côté Modem, c’est l’emploi et le « consommer français » qui est à l’ordre. François Bayrou ne manque pas non plus de propositions. Economies contre le surendettement, « retrouver l’éducation nationale ». Le candidat applique la pédagogie de la preuve par l’exemple. Une proposition = une scène de rencontre avec les Français. Bluffant.

Eva Joly s’adresse à la France. Si, si, littéralement. « Chère France, je m’adresse à toi, toi qui m’a tout donné et que j’ai choisi. » Pourquoi pas. Mais, les lunettes vertes, c’était obligé ? Et les mots en gras, en vert, c’était obligé ? « Anticiper ». Ok, on a compris. La lutte contre le bétonnage, pour la biodiversité. Le nucléaire est un danger…Vous connaissez la suite.

Du côté de Nicolas Dupont-Aignan, c’est du classique. Toujours bleu-blanc-rouge. Toujours « les partis de droite comme de gauche on abandonné le pouvoir ». Circulez, y a rien à voir.

Jacques Cheminade, c’est le gars qui savait. Si, si, en 1995, il savait déjà. La crise, et tout. Et images à l’appui, s’il vous plait. Carrément Cassandre sur les bords, il prévoit même que personne le croirait… A la réflexion, même s’il annonçait aujourd’hui un cataclysme en 2029, ben il y a pas grand monde qui le croirait non plus.

Livre rouge, pancarte rouge, cravate rouge et fond rouge. Le ton est donné. Jean-Luc Mélenchon est là. « Partageons les richesses », « revalorisons le SMIC à 1700 euros »… Pas un seul « je », toujours la première personne du pluriel. Le Front de Gauche tourne définitivement son clip vers les 8 millions de pauvres.

Pauline Amiel