« Habillés pour la présidentielle »… pour conclure la saison

Marine Le Pen délaisse ses cheveux longs pour une coupe plus esthétique. François Hollande perd du poids avant la campagne. Quant à François Bayrou, il mise sur des trois pièces ajustés. La politique est devenue une affaire d’image. Les beaux discours doivent être annoncés. Mais sous une belle enveloppe. Comme l’a dit Confucius, « Une image vaut mille mots ». Nos présidentiables l’ont bien compris.

A moins de 60 jours du premier tour, les candidats multiplient les passages télévisés. Ils vont à la rencontre des ouvriers, multiplient les meetings sur la laïcité ou occupent les plateaux. Alors que le nombre d’émissions politiques diminue chaque année, les politiciens sont de plus en plus présents sur les écrans. Même si leur programme n’est pas bouclé, leur style est calé. Que ce soit par le relooking ou un régime, tous misent sur leur look pour remonter dans les sondages. A croire que leur style vestimentaire est devenu une arme dans la présidentielle. Sénèque l’avait prédit : « Le style est le vêtement de la pensée ».

Haute maîtrise des codes de la mode

Tout parier sur son image n’est pas nouveau. Jean-Marie Le Pen l’a déjà fait. Dans les années 90, il enlève son bandeau de pirate. Sa fille a suivi son exemple. En 2011, elle parie sur un style plus moderne, à base de jean, veste cintrée ou trench beige. De quoi « dédiaboliser » le FN, comme disent les journalistes. Les relookings, en stratégie de communication, apportent une réelle dynamique. Un renouveau.

C’est également le cas de François Hollande. Avec une dizaine de kilos en moins, il se libère de sa casquette de  « flamby » et casse l’image du « socialiste mou ».  « Comme Ségolène Royal, son relooking a un sens politique. Pendant dix ans il s’est enfermé au PS ; aujourd’hui il montre qu’il s’est remis en selle. »  explique Gaël Sliman, directeur général adjoint de l’institut de sondage BVA. Avant 2007, Ségolène Royal se fait raboter ses dents dites « de carnassière ». Une réussite. Elle sera au second tour des présidentielles de 2007.

Austère conjoncture

La conjoncture influe également sur les tendances des politiques. La crise a changé la donne. Cette année, fini les accessoires bling-bling, comme la Rolex ou les vêtements des grands créateurs. L’austérité est de mise.

Pour rassurer les français, les politiques misent sur le bleu marine. Que ce soit François Hollande, Nicolas sarkozy ou Jean-Luc Mélenchon.   « L’uniforme est de ce bleu pour une raison. Il communique le professionnalisme » explique  Martine Herrmann, synergologue au sein de l’Institut Européen de Synergologie. Le sérieux se reconnaît dans les costumes trois pièces. Martine Hermann va plus loin.«  Il n’est pas étonnant que le gris soit prédominant. Il évoque la noirceur, la difficulté et aussi la sobriété ».

Les anarchistes

Au milieu de cette guerre du style, quelques politiques brandissent le drapeau blanc. Méprisés, souvent raillés, les « petits » candidats imposent leur « anarchist-look » dans cette campagne. Et les femmes ne sont pas en reste. Corinne Lepage nous estomaque avec ses foulards venus d’ailleurs, alors que la prof’ Nathalie Arthaud maintient le suspense en changeant de veste à chaque apparition médiatique.

Viva la revolution du look !

Dans la catégorie homme, c’est Philippe Poutou et avant sa « démission » Frederic Nihous qui jouent aux « Mr tout le monde ». Un attirail basé sur le confort et le jean H&M bien entendu. Attaqué de « populisme », il n’en reste pas moins eux mêmes, à l’aise dans leurs baskets. Mais sûrement moins armés que leurs adversaires dans le dur monde de la politique.

Identification médiatique

Dans cette campagne, la forme usurpe la place du fond. Nos candidats sont victimes de la société de l’apparence. Pour ne pas être dépassés, ils ont appris à soigner leur image. La raison ? La télévision est devenue la principale source d’information des électeurs. Plus que cela, le physique permettrait de remporter un scrutin. C’est ce qu’affirme le professeur Daniel Hamermesh de l’Université du Texas.

Alors ils usent et abusent d’identificateurs physiques, comme la cravtte ou les lunettes rouges de Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly.  La concurrence des styles vestimentaires est une arme dans la course à la présidentielle. Le monde politique est devenu un spectacle. Martine Herrmann l’avoue. « Un symbole vestimentaire peut être stratégique ».

Sandra Cazenave

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