La petite phrase qui grimpe, qui grimpe… Episode 1

Les « cass’toi pov’ con » ou « bravitude » mettent un peu de piment dans la vie politique française. Par temps de crise et de morosité, les bons mots et autres petites phrases amusent les foules. Jusqu’à ce que cela tourne carrément au dérapage… On se rappelle du « quand y en a un, ça va » de Brice Hortefeux ou autres « le bruit et l’odeur » de Jacques Chirac. En période électorale, les commentateurs ne laissent rien passer aux hommes politiques. Pour vous, Martine vous propose sa sélection des perles de la semaine. Entre fou-rire et crise de rage.

Les SDF restent chez eux et Sarkozy au pilori

Cette semaine, THE winner is incontestablement Nora Berra. La secrétaire d’état chargée de la santé a expressement demandé aux sans-abris de…. « rester chez eux » !


Sachant que pour elle, les « personnes les plus vulnérables » sont …
Les sans-abris.
Entre temps, la secrétaire d’Etat a modifié son article. Ouf, l’honneur est sauf. Oui. Sauf quil montre la considération que portent certains membres du gouvernement aux personnes sans logement.

Les – 17° et les canalisations gelées, les recommandations et les bonnets en laine, c’est mieux d’en parler quand on a un toit sur la tête. Le plan Grand froid prend fin et hop, tout le monde dehors. Bref, Nora Berra résume bien la situation par son amalgame maladroit.
Petite phrase révélatrice donc à l’heure où le conseil d’état rappelle l’Etat à l’ordre. Il est obligé de fournir un toit à tous. Même « aux personnes les plus vulnérables ».

Bonnet d’âne pour le nouveau candidat

Si comme votre Martine dévouée, vous avez bien, BIEN compris que Nicolas Sarkozy était candidat, penchez-vous sur l’accueil de cette annonce par ses opposants. Infantilisé, dénigré, remisé au ban de l’école des élites, Nicolas Sarkozy en a pris pour son grade.
Le show télévisuel du président-candidat est un « non-évènement » pour la classe politique. Qui ne s’empêche pas de sortir ses verbiages les plus sophistiqués pour se placer entre la pique et l’insulte. Top 3 des petites phrases anti-sarko :
– La phrase d’or revient à François Hollande (quand même, avec le nombre de communicants qu’il a pour lui écrire ses discours ! ) :
« Il a gouverné pendant cinq ans, il connaît les erreurs à éviter. La preuve, il les a toutes commises »
Son argument est un syllogisme qui tait son nom : raisonnement à double proposition ( 1 il a gouverné pendant 5 ans, 2 il connait les erreurs à éviter) qui connaît une conclusion (« il les a toutes commises »).
Mais attention, François, le syllogisme est parfois le meilleur ami du raisonnement par l’absurde ! Et la tentation de croire que « Je connais les erreurs à éviter. La preuve, je ne les ai pas commises, donc je serai président pendant cinq ans », n’est pas certifiée !

– En deuxième, on peut mettre le « Il était un petit homme pirouette cacahuète » de Cécile Duflot. Un petit amalgame avec infantilisation ne fait de mal à personne. Comme si elle avait comparé notre président-candidat avec un menteur, un Pinocchio. La porte-parole d’EELV n’évoque pas la souplesse de Nicolas Sarkozy dans sa formule ! A voir quelle pirouette il devra encore faire pour être élu.

– Et ex-aequo, en bons troisièmes, on peut placer Jean-Marc Ayrault et son « la soudaine conversion de président des riches en petit père du peuple est son ultime impolitesse à la France qui se lève tôt » et notre Toulousain international Jean-Michel Baylet pour son « C’est la candidature du redoublement » à propos de Nicolas Sarkozy.

Pauline Amiel

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