J’ai testé pour vous… une semaine sans portable !

Comme beaucoup, je suis sortie du ventre de ma mère avec un téléphone portable dans les mains. Alors le jour où il a cessé d’émettre, mon coeur s’est arrêté de battre. Mon portable c’est ma vie, il sait ma vie, comme dirait l’autre… Retour vers le futur : une semaine sans téléphone !

C'est Jérôme...

Jour 1

Comme toutes les fins, y a des signes annonciateurs. Mon téléphone – que j’ai appelé Jérôme – commence à bipper, s’éteindre sans crier gare. Ou encore envoyer des sms inopportuns genre  » J’étais complètement bourrée hier soir, j’ai claqué 300 euros «  à ma mère. Bref, comme Jérôme et moi, ça faisait plus d’un an qu’on filait le parfait amour, je lui passait toutes ses extravagances.

Sauf que. Vers 18 heures, j’envoyais mon soixantième sms de la journée – normal quoi – et là, plus de réseau. Ok. J’attend deux minutes. Je m’assois. Je me lève. Je n’y tiens plus : faut que je passe un coup de fil. Plus de réseau. Ok. J’éteins, je rallume. Plus de réseau.

« Ô rage, ô désespoir »… Je me branche sur facebook, tchèke tous les forums dégueu pour trouver une solution. Entre temps, j’avais ré-éteins et ré-allumé vingt fois le bidule! Je me couche, au fond du sac, après avoir réussi à compenser mes pulsions téléphoniques sur Skype.

Jour 2

Evidemment, c’est quoi mon réveil ? Mon téléphooooonne. Sauf que Jérôme, ce matin,  il avait décidé non seulement de pas fonctionner mais en plus que j’allais louper ma journée. Donc pas de réveil. Arrivée au boulot à 9h02, en vrac. Jusque là ça passe.

A midi, Emilie, ma copine, était déjà passé 12 fois (j’ai compté) devant mon bureau en me snobant. Et je savais très bien qu’elle le faisait exprés. « Emilie, qu’est-ce qu’il y a ? » Moue rageuse : « Putain, je t’es envoyé 23 sms hier, t’as pas répondu, putain-tu-fais-chier-t’es-jamais-là-quand-on-a-besoin…. » Ok.

Merci, Jérôme.

Jour 3

Après avoir écrit un mail – vous imaginez, un MAIL, l’ancètre du tweet ?! – à ma pote pour m’excuser platement, je me décide à aller voir un réparateur. Evidemment, mon opérateur n’a pas de boutique, il faut l’appeler pour être aidé. Sauf que. J’ai pas de téléphone.

Bref, je trouve un réparateur, une de ces boutiques glauquissimes, coincée entre une pizzéria et un vendeur de chaussures orthopédiques.

« Bonjour »

« Deux minutes »

Ca commence fort. En gros, dix minutes plus tard, je sors de là les larmes aux yeux, Jérôme à moitié crevé dans mes bras. Le « réparateur » m’a gentillement expliqué que « c’est la carte SIM qui est morte, ma p’tite dame » et que le plus simple à part si je voulais « le désimlocker » et trouver « une carte sur le marché noir » et de « filer 30 euros » à son pote Jojo pour qu’il « crée une SIM fantôme » adaptée à mon téléphone, ben c’est d’appeler mon opérateur.

Jour 4

Si, si, ça m’a pris deux jours d’appeler mon « Virgin Angel ». Parce que chez Virgin, oui Monsieur, c’est pas des « opérateurs » ou des « conseillers », c’est des « Virgin Angels ». Donc j’ai eu Sabrina, mon ange téléphonique : « Bonjour Pauline, tout d’abord, est-ce que je peux te tutoyer ? Ouai, cool. Ca boume ? » Avec un accent de cagole – mon pauvre – d’un autre monde. Bref, après avoir vérifié pendant 20 minutes tous mes codes, identifiants, Puk et je n’sais quoi, Sabrina envoit ma nouvelle carte SIM. Ouf. On est sauvé.

Jour 5

Rappelons que ça fait quand même CINQ jours que je n’ai plus de téléphone. Que je taxe des messages, des appels à tout le monde. Que j’ai ressorti mon répertoire – papier – pour avoir mes numéros !

Donc, au cinquième jour, j’ouvre le mail de Virgin qui m’annonce l’envoi de ma carte SIM… à la mauvaise adresse. Je craque. Juste je craque. Ni une ni deux, je rappelle mon Virgin Angel fissa : et cette fois, c’est moi qui vais te désimlocker, la cagole, ça va pas faire un pli ! Quelques hurlements totalement gratuits mais salvateurs plus tard, carte SIM réexpédiée. A la bonne adresse.

Jour six

Je suis tellement en manque que j’entend ma sonnerie tout le temps. Entre temps, j’ai envoyé des sms sur plus de 25 téléphones différents. Je pourrais faire un comparatif : Iphone, Blackberry, Samsung… Tout y est passé. J’ai tellement envie d’avoir mon téléphone que je campe littéralement devant ma boîte aux lettres.

A 14 heures, rendez-vous professionnel. Il pleut à torrents dehors, et de le dire comme ça, c’est VRAIMENT un euphémisme. Evidemment, j’ai dix minutes d’avance (qu’avant je passais à surfer sur le web avec mon téléphone, mais bon). Mon parapluie se retourne toutes les vingts secondes. A l’heure dite, je sonne. J’attend. Je ressonne. Merde. Ca dure 5 minutes.

Je me retourne vers la rue, toujours pluie-vent-tout-ça, choppe le premier pékin venu comme une dingue : « Pouvez-vous me prêter votre portable, s’il vous plait ? » Le gars, évidemment, il a pas que ça à foutre. Trois/quatre rejets plus tard, une âme charitable me prête son téléphone. Mon rendez-vous m’ouvre sa porte. Et alors que je le remerciais mille fois de son prêt, mon âme charitable me dit : « Ben faudrait p’t’être vous y mettre au portable. » Sérieux ?

Jour sept

Alléluia. Comme une gosse à Noël, je suis debout depuis six heures du mat’, prête à embrasser le facteur. A midi, délivrance. C’est fou l’effet que ça m’fait, une carte SIM.

Depuis ce jour-là, Jérôme et moi, on est réconcilié. Et j’ai rattrapé mon quota de sms.

Pauline Amiel

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