La grogne de l’éducation

Un mois après l’annonce de suppressions de postes massives dans l’Éducation Nationale, les professeurs des écoles organisent la mobilisation. Les comités techniques dans les académies vont commencer. Ce sera le 16 janvier à Nice. Les syndicats et les recteurs se mettront autour de la table pour négocier les répartitions. Et essayer d’éviter la casse.

Carte des suppressions de poste en 2012. / SNUIpp

«C’est l’hécatombe. Cinq milles sept cent fermetures de postes ! Ça va être terrible pour le primaire. » Emmanuel Trigo, secrétaire général du SNUIpp (principal syndicat des instituteurs) résume bien l’état d’esprit actuel dans l’Éducation Nationale. Entre stupeur et colère. La suppression de postes dans le primaire à la rentrée 2012 inquiète les enseignants. Elle se rajoute aux 66 000 postes déjà supprimés dans l’éducation depuis 2007.
Nicolas Sarkozy, en visite à Mendes, a promis qu’il n’y aura « pas de fermeture de classe à la rentrée 2012 ». Mais comment ôter 5700 postes sans fermer des classes ? En premier, en augmentant les effectifs. « En maternelle, on risque de passer à 30 élèves pour un seul professeur. C’est ingérable » regrette Daniel Caillier, secrétaire général de la FCPE 06.

Premiers touchés ? Les postes spécialisés

Autre conséquence : la disparition des professeurs spécialisés, ces enseignants non affiliés à une classe. « Le solde resterait à zéro : d’un côté on supprime des postes mais de personnes itinérantes. Aux yeux de tous, ce sera invisible » selon Emmanuel Trigo.
Les RASED sont le cheval de bataille principal des parents d’élève. Ces professeurs-éducateurs gèrent les enfants en difficulté et délestent ainsi les classes des quartiers difficiles. Ils peuvent être sur plusieurs écoles et font parfois office d’assistante sociale : « On fait soit de la pédagogie et de l’accompagnement scolaire soit de l’éducation comportementale. Quand les situations parentales sont difficiles, on intervient » détaille Patricia Pope, RASED à l’école Jean Macé de Nice.
La disparition de ces accompagnateurs est programmée si le nombre de postes supprimés reste tel quel : « Les enfants sont foutus ! » s’énerve Nathalie Chevalier, déléguée FCPE des Alpes-maritimes. Les remplaçants et les stagiaires sont dans la même situation.

Des professeurs dépassés

Cette nouvelle vague de suppressions s’ajoute aux quatre précédentes. Et le taux d’encadrement des élèves français devient le plus faible d’Europe. 6,1 professeurs pour 100 enfants. Les instituteurs, comme Emmanuel Trigo, se plaignent de leurs conditions de travail. « Pour les élèves, comme pour nous, c’est de plus en plus difficile. »
Certaines académies pâtissent plus que les autres de la suppression des postes. Celle de Nancy-Metz, par exemple, va perdre en 367 en primaire. Alors que le nombre d’élèves augmente chaque année. Pour arriver, avant les présidentielles, à tenir sa promesse d’ « un fonctionnaire sur deux non remplacés », Nicolas Sarkozy va devoir faire preuve d’intransigeance face à des instituteurs et des parents d’élève en colère.
Pauline Amiel

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