Voyage dans l’univers de Scorsese

Il était une fois le monde magique d’Hugo Cabret. Le Paris d’entre deux guerres, un petit garçon orphelin, la gare Montparnasse. On pourrait croire que c’est une adaptation d’un Charles Dickens. Mais non, en 2011, c’est Martin Scorsese qui joue le Père Noël du cinéma.

Un décor féerique avec une gare Montparnasse plus vraie que nature. Un bond dans le Paris des années 30. Une technique complexe avec la 3 D. Dans son dernier film Hugo Cabret, Martin Scorsese a mis tous les ingrédients pour obtenir la magie. Mais la sauce ne prend pas.

Le maître des films de gangsters et des thrillers devient-il gaga ? Ça doit être l’âge.  Le temps qui passe n’épargne apparemment pas Monsieur Taxi Driver. Dans Hugo Cabret, chaque scène dévoile une horloge, une montre ou une aiguille. La crainte du temps qui s’arrête est permanente dans les personnages d’Hugo Cabret et du chef de gare. Les effets de caméra, les courses poursuites et le flot lent et régulier des passants dans la gare maintiennent le spectateur dans une constante obsession temporelle.

L’énigme du film

Autre fascination :  un automate cassé, seul objet que possède Hugo pour se souvenir de son défunt père. Quand il le répare,  l’automate se met à dessiner la lune, celle du film « Le voyage dans la lune ». Cette énigme va lancer l’aventure. Malgré le charme du héros, un gamin aux yeux bleu remplis de chaudes larmes, le spectateur n’est pas transporté. La quête qu’il poursuit avec son amie Isabelle provoque de nombreux bâillements dans la salle obscure. Que ce soit lors des courses poursuites avec le gardien de la gare ( interprété par le brillant Sacha Baron Cohen) ou lorsque Hugo (joué par Asa Butterfield) arpente son univers, les entrailles de Montparnasse.

Hugot rencontre Georges, sans savoir qui il est vraiment.

Le rêve d’enfant de Scorsese

A la façon du lapin d’Alice aux Pays des Merveilles, le réalisateur est « en retard, en retard ». Quel est ce rendez-vous si important qu’il en oppresse le spectateur ? Un retour dans le temps. Dans le passé du cinéma. Un hommage plus précisément. A Georges Méliès, le premier réalisateur à ajouter des effets spéciaux dans ses films. Il a surtout prouvé au monde que la pellicule était le support de l’imagination. C’est dans ce monde fantastique que Martin Scorsese nous transporte. Celui de Méliès, l’homme qui a percé la lune et qui a conquis le Pôle dans ses bobines. Interprété par Ben Kingsley, l’homme est devenu un retraité du cinéma et tient une boutique de jouets dans la gare Montparnasse toute la première partie du film. Quelques années plus tôt, alors qu’il était ruiné et n’avait plus les moyens de tourner, il avait mis le feu à toutes les copies qui lui restaient de ses films. A travers des images d’archive, le spectateur remonte le temps pour découvrir les prémices du cinéma. Plus que les frères Lumière, Georges Méliès a inventé l’illusion cinématographique. Devant une salle pleine à craquer, Martin Scorsese remet au goût du jour ces pellicules oubliées, comme Barbe-bleue.

Un parcours dans le 7ème art

Recréer les films de Méliès dans un long métrage, c’est la réussite de Scorsese. Au delà du scénario (Hugo Cabret n’est qu’un prétexte), la mise en abyme est épatante. Mais dans leurs aventures, les enfants nous laissent souvent sur le quai. Les cinéphiles avertis trouveront le film un peu cheap, les fanas de Scorsese seront déçus, les enfants un peu perdus. Les autres spectateurs, ceux qui vont au cinéma pour rêver, apprendre et s’émerveiller seront comblés.

Pauline Amiel & Sandra Cazenave

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