Trois policiers accusés de viol

Les trois policiers ont-ils violé une personne prostituée ? C’est à cette question que doit répondre la cour d’Assises des Alpes Maritimes, cette semaine. Alors que la pénalisation des clients a fait parlé d’elle ce mois-ci, la justice doit définir si Diane G était consentante ou si elle a été abusée. Les familles, femmes, enfants et amis des prévenus se relayent à la barre pour permettre à la cour de déterminer leur personnalité et leur culpabilité.

La cour d'Assises de Nice juge quatre policiers. / Photo KN

Les yeux sont baissés, les épaules courbées, quatre policiers sont sur le banc des accusés de la cour d’Assises des Alpes Martitimes. Ils sont jugés pour le viol d’une personne prostituée. Aujourd’hui, c’est leur personnalité qui était analysée.

Le 24 février 2010, Grégory L, Thierry T, Loris H et Benjamin G – l’équipage « Mike » du service de proximité de la ville – patrouillent à Nice. Sur la promenade des Anglais, au niveau de l’hôtel Radisson, ils croisent Diane G. Il est 2h50. Selon la victime, ils l’abordent, l’obligent à monter dans le fourgon de Police. Diane s’inquiète de ce comportement. Quand elle veut savoir ce qu’ils veulent, la réponse tombe : « Ça dépend si tu es gentille ou très gentille. »

Monsieur Tout le Monde à la barre

Dès lors, tout tourne mal pour Diane G. Les policiers changent de place dans le fourgon, les visages s’embrouillent : « c’était comme une tournante. J’avais compris que je devais me faire les quatre » explique-t-elle lors de sa déposition.
Dès ce matin, Grégory L est présenté dans la salle d’audience comme « l’homme fort du groupe ». Ce sportif, basketteur de haut niveau est un père de famille. Ce trentenaire n’a jamais eu de problèmes avec la justice. Ni avec les femmes. . Aujourd’hui, il est accusé de viol et d’abus d’autorité. Il risque, avec ses deux collègues, 15 ans de prison.
Thierry et Loris, les co-accusés, sont aussi des « Monsieur Tout le Monde ». Et pourtant, seul Benjamin est accusé de non assistance à personne en danger. Il n’a pas participé aux rapports sexuels avec Diane.

Un viol sans violences

Que s’est-il passé ce soir-là ? C’est ce que va devoir définir dans la semaine la cour d’Assises. Les fellations et pénétrations pratiquées par la victime étaient-elles consenties ? Diane explique que c’est sous la pression qu’elle a eu des relations sexuelles avec les policiers : « Je n’ai pas eu le choix. Ils m’ont menacé de me laisser seule dans un quartier à risque. » Eux évoquent une participation volontaire, la victime n’aurait pas opposé de résistance. Même s’il n’y a pas eu de violences, dans quelle mesure les policiers ont-ils contraint Diane ?
La version des policiers, trop semblable, a été un des motifs d’accusation. Ils se seraient mis d’accord, selon l’acte d’accusation.
La cour rendra son verdict vendredi.

Pauline Amiel

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