Le mélodie du malheur

France 3 a diffusé le 14 novembre le 3e numéro de son émission Discographie consacré à Michel Berger. L’occasion de re-découvrir cet artiste. Sa vie, ses tubes.

Michel Berger n'aimait pas se dévoiler

De Michel Berger que sait-on ? Qu’il était un artiste de génie. On se souvient de ses mélodies, de ses mots, de son style qui ont marqué à jamais une époque. On se souvient également de sa discrétion. Comme sur la pointe des pieds il livrait ses interviews d’une voix posée et douce presque toujours en retrait. L’homme n’a jamais aimé se raconter et pourtant quelle histoire.
Heureux, Michel Berger ne l’a été que très peu. Ses chansons, pour la plupart, parlent de sa vie, décrivent un certain mal de vivre. Selon ses termes, elles s’adressent « à tous ceux qui gardent au fond d’eux quelque chose qui fait mal ».
Et ces choses qui font mal l’auteur-compositeur les dissémine partout dans ses textes.
Pour les comprendre, il faut plusieurs clefs : ses choix, ses joies et ses blessures.
En 1966, il décide de se faire appeler Michel Berger. C’est un nom d’artiste plutôt banal mais pour lui, ce nom efface celui de son père parti sans un mot et le goût amer de son adolescence parisienne dans la famille Hamburger.

Son génie : s’inspirer de la vérité

Michel Berger infiltre le milieu musical en pleine période yéyé. Conscient d’être en décalage avec son temps, il met ses rêves de chanson entre parenthèses et devient découvreur de talents. C’est par ce biais qu’il va faire une rencontre essentielle : celle de Véronique Sanson. La muse a trouvé son pygmalion. En 1971, il signe son premier album Amoureuse, puis De l’autre côté de mes rêves, jusqu’à ce qu’elle disparaisse elle aussi sans un mot. Esquinté par ce nouvel abandon, il va puisé dans cette douleur les paroles de Message personnel.
Les blondes il les aime. En 1976, il épouse France Gall avec qui il a deux enfants. Côté professionnel il se lance dans un grand chantier : Starmania, un opéra rock. Il donne le rôle de Johnny Rockfort à son opposé Daniel Balavoine. Ils sont quasi-frères. Il apprend son accident à quelques minutes d’une émission de radio qu’il fera malgré tout. Nouveau choc dans sa vie. Il écrit Évidemment et l’album Babacar, hommage à l’Afrique et à son ami, le plus gros succès de sa carrière. La musique encore une fois est un exutoire.
Perfectionniste il sait ce qu’il n’aime pas et recherche l’excellence.
Attentif mais pudique, ses yeux noirs, sa chevelure hirsute, ses compositions, ses textes et sa complexité ont marqué l’inconscient collectif et inspiré toute une génération d’artistes.
Pour son ami Richard Berry « il avait une immense maturité, on aurait dit qu’il avait vécu plusieurs vies ». Philosophe dans l’âme et dans le texte il disait « capter des ondes venues d’un autre monde ».

Ophélie Grosshans

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